La fécondation in vitro (FIV) est une technique d’assistance médicale à la procréation (AMP) qui permet de réaliser la fécondation en laboratoire, avant de transférer l’embryon dans l’utérus. Elle peut être proposée dans différentes situations d’infertilité, mais aussi dans le cadre d’un projet parental avec don de gamètes.
Concrètement, le parcours ne se résume pas à une simple « fécondation en éprouvette » : il comporte plusieurs étapes, depuis le bilan médical jusqu’au transfert embryonnaire.
Qu’est-ce qu’une FIV ?
La FIV consiste à mettre en contact un ovocyte et un spermatozoïde en laboratoire afin d’obtenir un embryon, puis à transférer celui-ci dans l’utérus. La fécondation se déroule donc en dehors du corps, contrairement à une conception naturelle.
La FIV peut utiliser les ovocytes et spermatozoïdes du couple, mais certaines situations nécessitent le recours à un donneur. Il existe notamment la FIV avec don de spermatozoïdes, la FIV avec don d’ovocytes et, dans certaines situations, le double don.
Dans le cas d’une FIV avec don d’ovocytes, les ovocytes proviennent d’une donneuse et la personne qui porte la grossesse prépare son endomètre pour recevoir l’embryon.
Comment se déroule une FIV ?
Le parcours comporte généralement 5 à 6 grandes étapes, même si le protocole est adapté au dossier médical de chaque personne.
1. Le bilan médical
Avant de commencer, l’équipe spécialisée réalise un bilan destiné notamment à rechercher une éventuelle cause d’infertilité et à déterminer la stratégie d’AMP la plus adaptée.
Le bilan peut comprendre des consultations, une échographie, des analyses sanguines, une évaluation des ovaires, de l’utérus et des trompes, ainsi qu’un spermogramme lorsqu’il y a un partenaire masculin.
Cette première étape est importante : la FIV n’est pas systématiquement le premier traitement proposé. Le choix dépend du contexte médical et du projet parental.
2. La stimulation ovarienne
Lorsque les ovocytes de la personne qui porte la grossesse sont utilisés, une stimulation hormonale permet généralement d’obtenir plusieurs ovocytes au cours d’un même cycle.
Selon l’Agence de la biomédecine, cette phase dure globalement 10 à 30 jours, en fonction du protocole retenu. Elle nécessite un suivi médical afin d’observer la réponse des ovaires.
3. La ponction des ovocytes
Lorsque les ovocytes sont suffisamment matures, ils sont prélevés lors d’une ponction ovarienne, réalisée par voie vaginale sous contrôle échographique.
La ponction dure généralement une dizaine de minutes et s’effectue dans le cadre d’une hospitalisation de jour.
Le même jour, les ovocytes sont préparés au laboratoire et mis en contact avec les spermatozoïdes.
4. La fécondation et le développement des embryons
En FIV classique, les spermatozoïdes sont placés avec les ovocytes afin que la fécondation puisse se produire en laboratoire.
Il existe également la FIV avec ICSI : dans cette technique, un spermatozoïde est directement injecté dans l’ovocyte à l’aide d’une micropipette. Elle peut notamment être utilisée lorsque les caractéristiques des spermatozoïdes rendent cette approche pertinente.
Après la fécondation, les embryons sont surveillés pendant leur développement. Cette période dure généralement 2 à 6 jours.
5. Le transfert de l’embryon
L’embryon retenu est ensuite transféré dans l’utérus à l’aide d’un cathéter fin introduit par voie vaginale. Le transfert peut être réalisé quelques jours après la fécondation ou après décongélation d’un embryon précédemment conservé.
Le transfert d’un seul embryon est aujourd’hui très fréquent : en France, il représentait 82,82 % des transferts en 2023.
6. La suite du parcours
Lorsque plusieurs embryons ont été obtenus et répondent aux critères permettant leur conservation, certains peuvent être congelés pour être éventuellement utilisés ultérieurement.
Un échec de transfert ne signifie donc pas nécessairement que tout le parcours doit recommencer depuis le début. La possibilité d’utiliser un embryon congelé dépend toutefois du dossier et de la décision de l’équipe médicale.
FIV : combien de temps faut-il prévoir ?
Il est difficile de donner une durée identique à toutes les FIV. Le bilan préalable peut déjà prendre plusieurs mois, puis la tentative elle-même comporte plusieurs étapes médicales.
Le parcours peut donc s’étendre sur plusieurs semaines ou davantage, notamment lorsqu’il faut attendre un don de gamètes. Dans le cas d’une FIV avec don d’ovocytes, l’Agence de la biomédecine indique actuellement un délai moyen de 12 à 30 mois entre le début de la procédure dans le centre de don et l’attribution des ovocytes, avec des variations selon les situations et les centres.
À retenir : une FIV est un parcours médical personnalisé, et non un traitement dont la durée ou le résultat peuvent être garantis à l’avance.
Qui peut avoir recours à une FIV ?
En France, l’AMP peut notamment être proposée aux couples hétérosexuels, aux couples de femmes et aux femmes non mariées, après évaluation médicale et dans le respect des conditions prévues par la réglementation.
La technique utilisée dépend ensuite du bilan médical, de la situation de fertilité et du projet parental. L’équipe spécialisée explique les possibilités, les bénéfices attendus, les risques, les alternatives et les chances de réussite avant la prise en charge.
La FIV permet de réaliser la fécondation en laboratoire avant de transférer un embryon dans l’utérus. Le parcours comprend généralement un bilan, une éventuelle stimulation ovarienne, une ponction des ovocytes, la fécondation en laboratoire, le développement embryonnaire puis le transfert.
C’est une démarche parfois longue et émotionnellement exigeante, mais chaque protocole est adapté à la situation médicale et au projet parental. Le centre d’AMP reste donc l’interlocuteur le mieux placé pour expliquer le protocole, les délais et les perspectives dans un cas particulier.
